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Un perroquet qui mord, ça ne fait pas mal qu’à la
main, ça brise le cœur, on ne comprend pas... Qu’est-ce qui se passe? On a pourtant l’impression de
lui donner tout
ce dont il a besoin : Nourriture, jouets, temps et affection.
Pourquoi se comporte-t-il ainsi? Maintenant on a peur de lui, on ne lui
fait plus confiance. Il
est si imprévisible, on ne sait pas pourquoi. Alors on en arrive à la
conclusion que
notre oiseau est agressif et qu’il mord pour rien.
Ici, je vous rassure tout de suite : Un perroquet
ne mord jamais pour rien (en
autant que cela puisse vous consoler). Dans
la nature, les perroquets ne se mordent pas entre eux de façon
agressive
(attaque) et ils ne crient pas non plus pour rien. Ils ne se battent
pas. Ils privilégient les
relations pacifiques même inter-espèces. S’il y a conflit entre eux,
ces derniers sont
généralement résolus par l’adoption de postures intimidantes ayant
pour but d’impressionner l’autre (étalement d’ailes, hérissement des
plumes, dilatation des pupilles et vocalisations) qui sont assez
spectaculaires en soi pour décourager l’intrus.
Par
contre, il ne faut pas négliger un fait très important : Mordre (pas
attaquer) tout
comme crier sont des moyens de communication acceptés dans le monde
des
oiseaux. Ce sont des comportements innés normaux.
Le
comment du pourquoi....
Donc, le perroquet ne mord jamais sans raison. Généralement, il ne se
sert de
ce moyen que pour sa survie (comportement inné utilisé que si
nécessaire) et
en captivité pour le contrôle de son environnement (comportement
acquis). La
meilleure façon de se prémunir contre les morsures est encore de
reconnaître ce qui donne à un perroquet l’envie de mordre:
Morsures
de protection : Le perroquet mord sa compagne, ses petits
oucongénères de son groupe social (humain compris) pour les inciter à
fuir devant un
danger potentiel. C’est un comportement inné. J’ai d’ailleurs à ce
sujet une douloureuse anecdote où j’ai été confrontée avec cet
instinct de protection des perroquets. Il y a quelques années, je
travaillais au sous-sol avec mon cacatoès Morgane (dite la douce) sur
mon épaule comme à notre habitude. À cette époque, Morgane devait
avoir environ 4 ans et n’avait encore jamais mordu qui que ce soit de
sa vie. Je croyais même qu’elle était incapable d’un tel
comportement. Cuisante erreur! Soudainement, tout se mit a vibrer
autour de nous dans une cacophonie infernale et comme je restais figée
sur place, cherchant à rationaliser ce qui se passait, Morgane me
prit la plus belle croquée de ma carrière avec les perroquets, juste
sur le lobe de l’oreille (j’en garde aujourd’hui la cicatrice en
souvenir) pour m’inciter à déguerpir... Elle semblait vouloir me dire
: « tu réfléchiras après! Maintenant on fout le camp! ». Plus tard
j’ai réalisé qu’il venait d’y avoir un tremblement de terre et que
Morgane ne m’avait mordue que dans le but de me protéger. Morgane la
douce n’a plus jamais mordu depuis.
La
petite morale de cette histoire : Il est très fortement déconseillé de
poser un perroquet sur son épaule si on l’emmène en terrain inconnu,
stressant ou insécurisant. Son instinct de protection pourrait bien
soudainement se manifester. Il est important de comprendre qu’il n’est
nullement question de dominance ici, mais bien d’instinct naturel de
protection! (Survie)
La morsure peut survenir quand l’oiseau est surpris ou effrayé; s’il
se sent menacé ou pire, pris en cage ou dans un coin. Un perroquet à
qui on aura taillé les plumes de vol aura tendance à se défendre,
voire même à attaquer s’il se sent menacé (instinct de survie). Par
contre, s’il a toutes ses plumes, il préférera s’envoler de façon
instinctive. (Survie)
Morsure d’excitation : Un perroquet qui joue seul avec un jouet ou avec son humain peut
devenir sur-excité ( les amazones en particulier) et mordre assez
violemment et ce...en toute innocence! (Accident)
Morsures
territoriales : Un perroquet qui passe le plus clair de son temps au
même endroit (dans et/ou sur sa cage, sur son perchoir et parfois sur
son humain) développera un très fort comportement territorial et
défendra hardiment sa zone.(Contrôle)
Morsures de jalousie : Engendré par un comportement territorial, l’oiseau peut
devenir très possessif de son humain préféré et développer une grande
jalousie à l’encontre de tout ce qui détourne l’attention de son
humain de sa petite personne (conjoint, enfant, autres animaux
domestiques et même parfois, objets). À ce moment, il peut mordre son
humain chouchou pour le rappeler à l’ordre ou carrément mordre le
rival. (Contrôle)
Morsures de vengeance :
Au retour, après une absence (de vacances, du travail,
etc.), parce qu’on ne lui a pas donné assez d’attention au moment où
il le désirait ou pour n’importe quelle raison où l’oiseau s’est senti
rejeté, ignoré ou abandonné, ou tout simplement parce qu’on a pas
acquiescé à une demande. Dans la tête d’un perroquet... toutes ces
raisons sont bonnes pour mordre! (Contrôle)
Morsures d’exaspération : Elles surviennent souvent pendant l’entraînement : Si
on tente d’enseigner quelque chose à l’oiseau trop rapidement en ne
suivant pas son rythme (tous les oiseaux n’ont pas la même capacité
d’apprentissage), ou encore si l’oiseau est sûr de vous envoyer des
messages clairs et qu’il n’arrive pas à se faire comprendre....Couic!
Il y
a aussi le cas classique de l’oiseau qui se sert doucement de son bec
pour vérifier la solidité du perchoir (main) que l’humain lui offre.
Ce dernier croyant que le perroquet veut mordre... retire sa main!
Vous voyez le tableau... exaspérant!
Double couic! (Contrôle avec explication).
Morsures d’attention :
Un jeune perroquet mord pour attirer l’attention de son
humain, comme il mordrait le bec de ses parents pour les mêmes
raisons. Le jeune peut aussi mordre rien que pour connaître le seuil
de tolérance de son humain.(Contrôle enfantin).
Morsures hormonales saisonnières :
En période de reproduction, les perroquets ont... la mèche courte!
(Contrôle).
Manque de sommeil : Un oiseau qui n’a pas toutes ses heures de sommeil (10 à 12 heures
ininterrompues) et qui est fatigué devient intolérant, anxieux et
mordeur.
Perroquet mal élevé : Presque toutes les raisons ci-dessus énumérées découlent
d’une mauvaise éducation. Ne pas ou mal éduquer un perroquet est
encore la meilleure façon de lui apprendre à mordre. Un perroquet
habitué à faire ce qu’il veut et quand il le veut, qui n’a pas de
balises, de règles ou de lois, n’a aucune idée de ce qui est
acceptable ou non. (Contrôle).
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Traiter la cause :
En
captivité, mordre ou crier pour attirer l’attention ou exprimer une
insatisfaction
sont
des comportements de contrôle acquis. Si les perroquets ne comprennent
pas toujours très bien les mots qui composent notre langage, ils
peuvent par contre très bien apprendre de nos comportements et de nos
actions. C’est donc à l’humain de prendre garde à ce qu’il passera
comme message à son perroquet. Un oiseau qui commence à mordre,
s’installera confortablement dans ce comportement parce que l’humain
sans le vouloir l’encourage à le faire. Traiter les comportements de
mordre et/ou crier comme des symptômes ne fonctionne tout simplement
pas. Traiter la cause est beaucoup plus efficace. Et dans bien des
cas, la cause est l’humain lui- même.
Alors, traitons l’humain...
Il est très facile d’enseigner ou d’encourager un
mauvais comportement au perroquet,
de
façon très innocente et sans s’en rendre compte. Trop souvent, sans le
réaliser, l’humain enseigne de mauvais comportements à l’oiseau en lui
donnant une attention incorrecte qui souvent est prise pour une
récompense. Le perroquet est un produit de son environnement social :
Il observe l’humain et apprend de lui. Il ajustera ses comportements
selon ce qu’il verra, entendra et comprendra. Si l’humain recule
devant un perroquet qui mord pour la première fois, le comportement
qui est enseigné à ce moment est : « si tu ne veux pas te faire
prendre ou te faire toucher, tu n’as qu’à mordre l’humain et ce
dernier s’en ira ».
Il
en va de même si le perroquet mord et que l’humain l’encourage en
faisant toute une histoire « Méchant oiseau!...regarde ce que tu as
fait!...pourquoi tu me mords!... je ne t’ai rien fait! ...et patati !
et patata!... »Ce genre de dramatique est tout au goût des perroquets
qui y trouvent une grande valorisation ainsi qu’un moyen sûr d’obtenir
de l’attention en tout temps. Cette forme de réaction confirme le
perroquet, par action /réaction, dans ce comportement qui est, somme
toutes, inacceptable.
Dans
bien des cas, une simple exclamation comme outch! suivie d’un regard
désapprobateur ne présente pas de problème et peut aider l’oiseau à
comprendre
qu’il nous a fait mal et qu’il a mal agi. Plus souvent qu’autrement,
ignorer l’offense
(comme si ça ne nous avait pas fait mal) et faire suivre d’un HOP! ou
EMBARQUE! puis prendre l’oiseau sur sa main est la meilleure avenue
pour banaliser le comportement et enseigner à l’oiseau que ce
comportement ne sert à rien, qu’il n’obtiendra rien de cette façon et
surtout, que c’est l’humain qui est en contrôle. En
agissant de cette façon, le perroquet perdra l’habitude de se servir
de son bec comme une arme à chantage ou manipulation envers son humain
puisqu’il n’obtiendra pas de réaction. Les perroquets détestent perdre
leur temps. Ils ne travaillent pas pour rien... mais ne vous en faites
pas, ils trouveront bien autre chose pour vous embêter. |
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Trop souvent entendu |
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Tous
les concepts erronés, qui font depuis trop longtemps déjà parti des
enseignements et conseils pour corriger et/ou punir le perroquet, ne
résoudront jamais un comportement d’oiseau mordeur et/ou criard. Ce
sont des légendes aviaires, si je peux m’exprimer ainsi, qui partent
d’on ne sait où et qui sont absolument sans fondements. Pire, ils ne
serviront qu’à traumatiser l’oiseau, à le rendre encore plus confus et
anxieux :
Attraper et secouer le bec : Il faut savoir ici que ce genre de comportement dans
le monde des oiseaux est une forme de jeu des plus agréable ainsi
qu’un préliminaire sexuel très excitant!!!!
Enfermer l’oiseau dans la salle de bain ou tout autre endroit insécurisant
ne servira qu’à rendre l’oiseau craintif et agressif.
Arroser
l’oiseau avec un vaporisateur, ne fera que le distraire momentanément.
Prendre l’oiseau sur sa main,
le débalancer et/ou le laisser tomber
par terre
(le fameux tremblement de terre, au no.1 du palmarès des légendes
aviaires) est encore le meilleur moyen de perdre la confiance du
perroquet et le rendre encore plus mordeur quand l’humain voudra le
reprendre sur sa main. Il se sentira en danger sur cette main et
l’instinct de survie reprendra le dessus.
Mettre l’oiseau dans sa cage
: Si vous faites cela chaque fois que le comportement de l’oiseau
vous déplaît, vous risquez de développer d’autres genres de problèmes
beaucoup plus graves, comme de renforcer son comportement territorial
(envers sa cage), détruire sa confiance et sa personnalité, ce qui
pourrait le mener dans l’enfer du picage. Il n’en deviendra que plus
anxieux, et de plus, il n’apprendra jamais rien.
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Frapper l’oiseau ou sa cage
( même une pichenette) est une ignoble agression qui n’aura pour
conséquence que d’enseigner la peur et/ou l’agressivité à un oiseau
déjà perturbé. |

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C’est l’ignorance qui engendre la peur et cette
dernière ne donne pas toujours des ailes.
Il
me semble important en ce troisième millénaire qui commence, que les
relations entre
les
humains et leurs animaux de compagnie évoluent. Que les humains, qui
vivent avec
des
perroquets, apprennent à désarmer leurs perroquets par la connaissance
et la compréhension de certains comportements tant innés ou acquis
qui sont le propre
de
l’espèce et rendent au bec du perroquet sa fonction première, celle
d’un outil très sensible qui sert à l’exploration, à sentir et
manipuler, un peu comme nous nous servons de notre bouche, de nos
mains et de nos doigts, d’un outil qui sert à grimper et à s’aménager
un nid confortable, d’un outil qui sert à ouvrir, couper et mâcher sa
nourriture.
Cet
énorme bec de perroquet qui sert aussi au toilettage, sur lui-même ou
sur un congénère, qui sert à donner de l’affection et des caresses et
nous l’oublions trop souvent, pour les bébés perroquet est aussi un
très doux et délicat instrument de nourrissage.
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© Johanne Vaillancourt 2005
Référence:
http://www.perroquet-perroquets.com
Toute reproduction de ce texte interdite sans permission écrite de
l'auteure.
Je remercie l'auteure de m'avoir
permis de publier ce texte sur ce site.
Ce texte a pour seul but de
sensibiliser les gens de l'importance de ce qu'est d'être propriétaire
d'un perroquet et tout autre oiseau exotique. Avant de vous procurez un
oiseau, peut importe lequel, pensez-y bien !
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