par Johanne Vaillancourt


















La plupart des éleveurs en connaissent long sur la façon de produire un perroquet physiquement sain (incubation, nourrissage, hygiène, maladies).  Mais certains éleveurs oublient ou ignorent que le développement psychologique du jeune oiseau est aussi important que son développement physique. Le bien-être futur de l’oiseau en sera tributaire. Trop souvent on entend certains éleveurs affirmer qu’ils ne s’occupent pas beaucoup du bébé de peur qu’ils ne s’attache trop à eux. Cette affirmation est fausse. Le perroquet peut créer des liens avec des personnes différentes tout au cours de sa vie. Si à la base, il a pu bien développer son identité et sa personnalité, ces différents attachements
se feront sans problèmes.
* Les éleveurs qui ne sont concentrés que sur la production physique de perroquets ne se rendent pas compte des conséquences que cela entraînera sur le développement  de la personnalité de l’oiseau. Conséquences qui peuvent causer des problèmes de comportement assez sérieux pour diminuer le potentiel d’animal de compagnie du jeune perroquet.
* Le jeune perroquet isolé très tôt de ses pairs, nourri par gavage, manipulé seulement lors du nourrissage , sevré de force trop jeune, surprotégé contre tout changement, ne développera pas sa personnalité et n’aura aucune idée comment se débrouiller dans la vie avec les humains.
* Dans la nature, ce sont les parents, puis les autres membres de son groupe social qui auront la charge d’enseigner les règles de survie au jeune oiseau : cris de reconnaissance,  où trouver la nourriture et comment la manger,  repérer les prédateurs, l’endroit où dormir, les règles à respecter à l’intérieur du groupe. C’est ce que nous appelons la socialisation, c’est-à-dire, la méthode par laquelle l’oiseau acquiert son identité, son expérience sociale et sa capacité à survivre. S’il n’apprend pas, il ne survivra pas!
* Au cours de cet apprentissage, le jeune augmentera graduellement la distance qui le sépare de ses parents. Alors que sa confiance grandira, les parents continueront à le superviser et à communiquer avec lui. Le jeune reviendra encore très longtemps auprès de ses parents pour se faire nourrir même s’il n’en a plus besoin. Cela renforcera son sentiment de sécurité. Dans la nature, les parents perroquets continuent de nourrir le jeune longtemps après que ce dernier a commencé à manger seul. Ils ne régurgitent plus la nourriture comme quand il était tout bébé,
mais ils continuent à enseigner et encourager le jeune à essayer de nouvelles pitances en prenant cette nourriture dans leur bec et en la broyant en petits morceaux et en l’offrant au jeune perroquet.
C’est de cette façon que les jeunes apprennent à manger par eux-mêmes, en observant leurs parents manipuler la nourriture. C’est un long processus d’apprentissage s’étale souvent sur plusieurs mois. Avec l’aide de ses parents, le jeune grandira en sécurité, accumulera de nouvelles expériences jusqu’au moment ou il atteindra son indépendance totale.
Il en va de même pour le bébé élevé en captivité. Très tôt, il est essentiel pour le jeune perroquet d’avoir une bonne socialisation et à la base, c’est  l’éleveur qui a le
devoir de pourvoir à son éducation. Le bébé nourri à la main doit apprendre à devenir un bon oiseau de compagnie et s’adapter à l’environnement humain, sinon il passera
sa vie dans la confusion et développera des comportements qui ne sembleront fonctionner que pour lui. Ces comportements peuvent devenir chroniques quand le perroquet atteindra sa période d’indépendance et ils créeront des stress et  dans bien des cas des problèmes de santé physiologiques et/ou psychologiques..
Le jeune doit développer son identité et pour ce faire, il a besoin d’un environnement stimulant. S’il n’est pas habitué aux changements dès son jeune âge, il peut développer des peurs ou des comportements phobiques lorsque l’inhabituel se présente. Une socialisation positive, commencée à un très jeune âge, une éducation attentive et beaucoup d’aventures sécuritaires font une énorme différence sur le développement émotionnel et psychologique du jeune perroquet.


* La socialisation est la transition graduelle d’un état de totale dépendance à celui de totale indépendance.

. C’est de répondre à ses besoins de nourriture en lui apprenant à manger par lui-même, plutôt que d’être gavé et forcé au sevrage selon le calendrier (telle espèce doit être sevrée à tel âge...). Il n’est pas rare de voir un cacatoès prendre jusqu’à un an pour être totalement sevré et indépendant de ses parents, Imaginez le dégât si
on le force à le faire à trois mois!

. C’est de prendre du temps pour éduquer, caresser, jouer et  stimuler l’oiseau en dehors des heures de nourrissage. 
. C’est d’encourager la curiosité de l’oiseau en lui faisant vivre des aventures,  en lui proposant des changements sécuritaires :

 

* Le nourrir à des endroits différents
* Lui présenter une grande variété de nourriture. Lui faire explorer son territoire
* Lui montrer à jouer en lui présentant des jouets et en jouant avec lui.
* Le faire manipuler par différentes personnes 
* Lui parler beaucoup pour le stimuler au langage humain 
* Prendre le temps de commencer son éducation de base 
(embarque, viens, ne mords pas, doucement, reconnaître 
son nom, goûte, etc.), lentement et surtout patiemment.


 

* Les perroquets sont des animaux très intelligents et qui ont besoin de direction. Il ne faut pas prendre pour acquis qu’un oiseau nourri à la main par les humains sera garant d’un bon perroquet de compagnie. Voilà pourquoi vous ne devez pas encourager la vente de jeunes perroquets non-sevrés. Le sevrage ainsi que le début de la socialisation doivent être fait par des professionnels.
C’est un passage très critique dans la vie du jeune oiseau qui ne doit absolument pas être pris à la légère


© Johanne Vaillancourt 2005
Référence:
http://www.perroquet-perroquets.com
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Merci à l'auteure Johanne Vaillancourt de permettre la publication de ce texte sur ce site


 

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